
EvanGruère
J’aime construire des logiciels qui continuent de bien se comporter quand les conditions cessent d’être idéales. La plupart des projets qui m’ont le plus intéressé avaient une vraie contrainte derrière eux : des pipelines vidéo où une image perdue se voit tout de suite, des workflows d’IA qui deviennent difficiles à faire évoluer si l’on ne comprend plus ce qu’ils font, des plateformes de données où plusieurs rôles doivent pouvoir s’appuyer sur la même source de vérité, ou encore des systèmes de scraping qui doivent composer avec des limites de débit plutôt que de supposer que le réseau sera toujours coopératif. Les domaines changent, mais ce qui m’intéresse reste souvent le même : que se passe-t-il quand le système est mis sous pression ? J’ai tendance à aborder les problèmes par l’architecture. D’où viennent les données ? Où vit l’état ? Qu’est-ce qui casse en premier ? Qu’est-ce qui doit rester observable pour que le système puisse être opéré avec confiance ? Une fois ces questions clarifiées, le choix des outils vient ensuite. Je peux passer de TypeScript à Rust, Python ou au mobile si cela aide à rendre l’ensemble plus cohérent. Un thème revient souvent dans mon travail : le contrôle. Pas le contrôle pour le contrôle, mais celui qui rend un système plus simple à comprendre, à déboguer et à faire évoluer. Je suis attiré par les architectures où les comportements importants sont explicites, plutôt que cachés derrière des boîtes noires. Cela a pris plusieurs formes : construire des moteurs de workflows pour des interactions avec l’IA, travailler sur une infrastructure cartographique auto-hébergée, ou concevoir des systèmes de streaming temps réel. Dans chaque cas, ce qui m’importe le plus n’est pas d’utiliser l’outil le plus récent, mais de comprendre comment les différentes pièces tiennent ensemble quand le produit tourne réellement. Ces derniers temps, j’explore cette idée à travers des projets autour de la souveraineté des données et de l’infrastructure auto-hébergée, notamment dans les systèmes géographiques et le voyage. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui devient possible quand un produit n’est pas entièrement contraint par des plateformes externes. J’aime les problèmes où les contraintes sont réelles, où les compromis comptent, et où le système doit continuer à fonctionner dans la durée — pas seulement passer les tests.